
Un faux-self est une construction, un masque ; c’est une adaptation défensive qui s’est renforcée chez l’enfant pour répondre aux réponses de l’entourage jusqu’à occulter son propre soi, jusqu’à ne plus savoir qui est ce soi.
Un enfant auquel on reproche le comportement, un enfant qu’on dévalorise, qu’on humilie, qui subit des critiques, finira par se créer un autre soi pour mettre fin à cette souffrance chronique.
Comme il ne peut agir sur l’entourage qui le blesse, il ne peut qu’opérer sur son propre fonctionnement psychique ; il commence par protéger son vécu et son ressenti authentique qui disparaît dans la clandestinité, pour ne laisser voir qu’un faux-self.
Il garde la personnalité d’apparence normale qui assure le quotidien, équivalent de la personnalité-hôte, mais en lieu et place de la vraie personnalité, peuvent émerger les faux-selfs suivants :
Le faux-self soumis
Un faux-self soumis, qui adopte les attitudes, le discours et les pensées qui vont lui valoir d’être accepté, mettant fin à la douleur du rejet, ainsi qu’à la peur liée à l’agressivité et/ou à l’indifférence des figures d’attachement.
Un faux-self persécuteur.
Parce que l’enfant a besoin de se sentir ainsi pour pouvoir survivre aux agressions qu’il subit de la part de ceux qui devraient le protéger et veiller sur lui ; il se crée sa propre figure protectrice. Il est persécuteur, car il rassemble tous les éléments négatifs enregistrés dont il n’hésite pas à se servir contre ceux qui le menacent ultérieurement pour protéger davantage le vrai self contre toute intrusion traumatique, les énoncés et comportements négatifs. C’est le mécanisme de défense classique autrement reconnu sous le nom d’identification à l’agresseur, par lequel on fait subir à autrui les mêmes atteintes que l’on a soi-même endurées.
L’enfant apeuré
Peut apparaître également l’enfant apeuré, qui rassemble cette fois les composantes de vulnérabilité physique et émotionnelle de la petite victime. Ce faux-self s’exprime par la somatisation ou par un envahissement par des affects intenses, souvent non verbalisables, mais manifestes dans le comportement, la posture et le regard. Lorsque la personne est envahie par ses émotions, elle n’est plus en capacité de penser de manière rationnelle, et peut répondre à une urgence à agir et à avoir des comportements où elle perd le contrôle et qui ne correspondent pas à ses valeurs.
Ce qui peut paraître troublant pour le porteur d’un faux-self, c’est que une fois cette division de la personnalité mise en place, les rôles alternent en fonction de l’interlocuteur. Il ne s’agit pas d’une adaptation classique qui consiste à réagir différemment selon qu’il est en famille ou au travail, ou lors d’occasions sociales, il s’agit de personnalité qui semblent distinctes et qui n’ont pas la même énergie.
C’est ainsi qu’une personne introvertie et timide socialement peut se transformer en un véritable tyran domestique dans le contexte familial.
Pour plus d’informations, je vous conseille de lire cet article sur le faux-self sur wikipédia.
Est-ce que la création d’un faux-self est un phénomène fréquent ?
Oui, tous les jours vous vous trouvez face à des personnes qui paraissent calmes, sûres d’elles-mêmes, charismatiques, qui cachent une réalité douloureuse sous une construction ou un mécanisme de survie.
Ce n’est pas un masque social qu’elles choisissent pour se présenter sous un meilleur jour, mais c’est une structure qui s’est érigée pendant l’enfance pour protéger tout le système des expériences trop douloureuses.
Ils ont façonné ce faux-self pour faire face à un environnement toxique, jusqu’à gommer leurs réactions, jusqu’à correspondre à une vision sociale acceptable deux-mêmes pour permettre la survie de leur sphère psychique.
En eux s’est ouverte une fracture intérieure qui les a menés à ériger un autre eux pour camoufler ce sentiment d’être inacceptable. Ils ont opté pour un rôle qui les met à l’abri d’un univers dangereux, et pour survivre à cette angoisse profonde de ne pas correspondre.
Ce masque leur donne un sentiment d’incomplétude, d’anxiété, et l’angoisse qu’on fond deux se tapisse un vrai soi qui a été tant réprimé parce qu’inacceptable. Ils se demandent sans cesse qui est la vraie personne au fond d’eux, cette personne qu’ils font taire, cette personne dans l’ombre d’un autre moi qui les écrase.
Cette adaptation s’est construite dans le besoin d’être accepté, protégé et intégré dans un milieu où leur vrai moi ne leur semblait pas acceptable pour garantir cela, ou qu’ils n’étaient pas assez forts pour faire face à des situations douloureuses.
Cet article m’a été inspiré par l’excellent livre de Yvane WIART, « l’attachement, un instinct oublié », publié aux éditions Albin Michel.
Je suis hypnothérapeute et je vous accueille dans mon cabinet. Suivant votre histoire, votre situation, votre modèle du monde, je vous accompagne vers le changement que vous souhaitez.