
Ce qui est contradictoire dans la peur de vieillir, c’est que l’on espère tous arriver à un âge vénérable, alors que parallèlement, nous avons tous cette peur viscérale silencieuse de ne plus être celui ou celle que nous étions.
Vieillir signifie pour nous perdre en séduction, perdre le regard des autres sur nous, devenir d’une certaine façon invisible, comme un long naufrage social.
Pourtant, nous voulons tous vivre longtemps en espérant échapper à la vieillesse. Voilà un objectif que personne jusqu’ici n’y a jamais atteint ; ceux qui se sont acharnés à défier le temps n’ont jamais gagné ce duel.
La peur de vieillir se reflète dans cette phrase que vous avez si souvent entendue « … tu ne fais pas ton âge ! ». Comme si la personne en face de vous, prise de compassion, vous consolait de l’âge que vous avez, comme si elle craignait d’atteindre un jour l’âge que vous avez.
Pourquoi avons-nous peur de vieillir ?
Notre identité se construit à l’adolescence, cette étape de vie où la force, l’agilité, la force paraissent éternelles. Cette étape de vie qui s’accompagne de chairs fermes et lisses, d’un ventre plat, d’un grand pouvoir de séduction.
Avec le temps qui passe, le corps traverse les aléas de la vie ; la tristesse, les soucis de santé. Il se modifie du fait de nos habitudes; il se voute si, pendant des années, nous avons favorisé de mauvaises postures. Il grossit ou maigrit selon notre constitution.
Même les bonheurs laissent des stigmates ; les grossesses, les nuits blanches, ces après-midis au soleil, ces soirées festives et arrosées, ces délicieuses pâtisseries.
Vieillir est un processus qui s’amorce à un âge relativement précoce ; quelques cheveux blancs qui annoncent un processus continu et progressif d’altération naturelle. Que l’on fasse du sport, que l’on mange sainement, que l’on jeûne, que l’on utilise des cosmétiques, on ne fige pas le temps.
Déjouer le vieillissement est un mensonge magnifique qu’on vous vend à prix d’or, et qui nourrit des milliers de multinationales, mais c’est un mensonge, la vérité biologique est inévitable, nos cellules vieillissent. Croire qu’on peut y échapper est le mirage d’une société qui glorifie la performance, la beauté, les corps éternellement beaux.
Quelle est la réflexion à tenir sur la peur de vieillir ?
Arrêter le temps est une entreprise que jamais personne n’a pu réussir jusqu’à présent. Eh oui, vos muscles vont perdre de leur force, votre peau va se rider, votre visage va perdre son ovale, votre corps va se creuser ou s’alourdir.
Comme tout ce qui est vivant autour de nous, chaque être vivant vieillit à son rythme, les baleines, les tortues, les feuilles des arbres ; tout ce qui vit sur cette terre qui tourne inlassablement, nait, se flétrit et retourne nourrir la terre.
Toutes ces actrices sublimes, nourries avec la plus grande parcimonie, qui ont fait plus de gymnastique en une année que vous n’aurez le courage de faire toute une vie, ces icônes, ces muses, ces femmes aux plastiques parfaites ont toutes fini par vieillir.
Pourtant leur vie n’a tourné qu’autour de ça. Leur principale préoccupation a été de rester jeunes et belles, elles ont tout mis en œuvre pour ça. Les opérations ont fini par laisser des empreintes bien pires que la vieillesse, et les heures passées chez les esthéticiennes, les masseurs n’ont fait qu’engloutir des fortunes.
Et elles ont vieilli quand même.
Vieillir nous arrive à tous, personne n’est jamais mort à un âge avancé en ayant l’air d’être jeune. Chercher à retrouver sa jeunesse perdue, c’est courir après un fantôme, c’est s’épuiser dans une quête impossible.
Pourquoi est-il important d’accepter de vieillir ?
Votre corps vous a porté pendant des décennies, il a cicatrisé vos blessures, il a digéré vos excès, il a couru, il a aimé, il a tremblé d’émotions.
Se lever chaque matin en colère contre son corps abime chaque instant qui pourrait être précieux. Se lever chaque matin en colère contre ce pied raide, contre ce dos engourdi, vous amène à traiter votre propre corps comme un ennemi, et à remplir votre vie d’angoisse et de colère.
Rappelez-vous qu’aussi grande que soit votre peur de vieillir, dans 120 ans, nous serons morts ; vous, moi et toutes les personnes qui habitent aujourd’hui cette terre.
Tout ce que vous aurez accumulé sera dispersé. Vos descendants n’auront de vous que des photos pâlies par le temps, personne ne se souviendra de votre voix, de votre regard ou de vos rires.
Il ne restera que les émotions et les valeurs que vous aurez laissées ici, c’est la seule chose qui restera de votre passage.
Si dans votre vie vous avez porté un regard bienveillant sur vos enfants et sur votre entourage, si vous aurez pris le temps de leur donner du temps, de les écouter, de les valoriser, de les rendre fiers d’eux-mêmes et apaisés, alors ce regard glissera indéfiniment sur eux et sur leurs enfants et sur les enfants de leurs enfants.
Cet article m’a été inspiré par cette vidéo de Christophe André
Mon cabinet est à Toulouse. Je suis formée à la programmation neurolinguistique (PNL)