
La question finalement, c’est comment est-ce qu’on en arrive là ? Commenti nait la honte chez cet enfant qui arrive sur cette terre, plein de force de vie, de spontanéité, d’innocence, à une personne ancrée dans la honte.
Cet enfant innocent et joyeux, avec son doux sourire, ses pleurs vite apaisés, offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie…
D’où provient la honte ?
Elle passe d’un maillon à l’autre de la chaine généalogique et imprègne chaque maillon.
La honte pénètre avec des paroles blessantes, humiliantes qui passe la honte de celui qui profère à celui qui entend.
Elle s’installe et resurgit lorsque les conditions sont réunies, lorsque les causes de sa transmission se réunissent.
La culpabilité et la honte sont les émotions que l’on réveille par la punition depuis des siècles ; l’humiliation publique sur la place du village au Moyen Âge, les femmes qui se sont alliées au traitre, promenées nues dans les rues.
C’est un levier pour soumettre. Elle touche en profondeur. Si collante, si visqueuse, qu’il est très difficile de s’en défaire. Elle a pour cela toujours été utilisée pour soumettre les peuples, pour diriger, pour opprimer, pour laisser au pouvoir religieux la grandeur d’âme de pardonner et de décider du prix de soumission que vaut ce pardon.
Tant qu’on a honte, on se soumet, tant qu’on a honte on croit devoir se racheter, tant qu’on a honte, on a la peur de s’exprimer de peur qu’on pointe le doigt sur quoi on a honte pour nous faire taire.
Lorsqu’on est rongé par la honte, on peut en être pétri au point d’avoir honte d’avoir honte. Au point d’avoir honte de ses défauts, honte de ses qualités, honte de son travail.
Il y a la honte intime, la honte de se déshabiller, de parler.
On peut même avoir honte de ce qui ne nous concerne pas, car on peut avoir honte à la place des autres.
Et parfois on peut avoir honte sans savoir pourquoi, car elle ne demande même pas un interlocuteur, il faut jusque qu’il y ait quelqu’un dans l’équation qui revient hanter votre mémoire.
Comment se construit la honte ?
Un enfant va chercher l’amour dans les yeux de ses parents. Le regard que ses parents portent sur lui, déterminera s’il est aimable dans le sens de digne d’être aimé.
Malheureusement le miroir n’est pas toujours exact. L’enfant peut lire de l’absence, de la colère, voire du rejet dont les yeux de ses parents.
Parfois, simplement parce que les parents sont inquiets, préoccupés, et que l’enfant, incapable de prendre de la distance avec tout ça, se considère responsable de leur tristesse.
Parfois la vie peut rendre les parents absents ou incapables de gérer leurs responsabilités ou leurs émotions. La dissociation, la colère, la violence sont le résultat des propres traumatismes des parents, c’est le résultat de leur honte à eux, de leur honte internalisée qui passe de génération en génération dans les systèmes familiaux.
Lorsque la parole d’un parent dépassé par ses responsabilités est brutale et humiliante, elle génère de la honte toxique, qui non soignée, glissera peut-être sur les générations suivantes.
Ce que vous fait porter la honte.
Une personne envahie par la honte passera sa vie à éviter de s’exposer, en agissant de façon détournée, en devenant fuyant ou incohérent aux yeux d’autrui.
La honte s’accompagne de solitude, car il est difficile de laisser quelqu’un s’approcher de soi lorsqu’on se sent déficient et imparfait en tant qu’être humain.
Elle amène à des conduites d’évitement, une phobie sociale, une anxiété liée à un sentiment d’insécurité et d’appartenance, de l’inhibition.
Les excès de honte proviennent des humiliations, du mépris, des moqueries, de l’illégitimité, des secrets, de la régression sociale, de la rivalité, du mensonge.
Y a-t-il une juste honte ?
L’émotion de la honte donne des limites, elle permet de savoir ce qui est juste ou non. Elle nous permet de nous rendre compte que l’on a mal agi, et ainsi de réparer et de renforcer la relation à autrui.
Pour que un sentiment sain et mesuré de honte puisse grandir, l’enfant a besoin que ses parents soient bienveillants, qu’ils ne l’humilient pas lorsqu’ils lui montrent des limites à ne pas dépasser.
Les paroles qui protègent et qui expliquent avec douceur aident les enfants à se construire avec une honte saine, sans sentiment d’humiliation. Il devrait, au terme de son enfance, se donner droit à l’erreur.
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Je suis praticienne en thérapies alternatives et maître-praticienne en hypnose depuis 2021.
Je combine la programmation neurolinguistique, l’hypnose et la sophrologie pour aider mes clients à dépasser leurs difficultés.
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