
Le syndrome de l’abandon se traduit par le sentiment angoissant que les liens aux autres sont très fragiles ou éphémères.
L’angoisse de l’abandon (ou syndrome de l’abandon) est la conséquence de la peur de l’abandon, sentiment né généralement dans l’enfance, époque durant laquelle elle était difficile à gérer puisque le cerveau de l’enfant ne comporte pas les aires permettant de donner un sens à ce qu’il ressent.
C’est une peur nourrie par la pensée de ne pas être pas important aux yeux des autres, c’est la crainte de perdre l’amitié ou l’amour des autres.
C’est une peur irrationnelle et envahissante d’être délaissé.
Selon la théorie de l’attachement, environ 35 % de la population générale présente un attachement de type insécure, terreau fertile du syndrome abandonnique.
Les répercussions sur les relations à la fois amicales, amoureuses et familiales peuvent être conséquentes.
Pourquoi a-t-on si peur de l’abandon ou du rejet ?
Cette peur archaïque d’être rejeté ou abandonné provient d’une époque où être banni du groupe signifiait mourir. Être exclu signifiait se trouver seul face aux dangers de la nature.
Cette peur est ancrée dans notre espèce et lorsque nous nous trouvons rejetés ou abandonnés, nous avons peur de mourir. C’est une peur profonde, ancestrale, ancrée dans l’histoire de notre espèce qui rejailli jusqu’à nous.
Nous l’avons héritée de nos lointains ancêtres. Elle est si ancienne que notre conscience en a perdu les origines et elle subsiste dans notre inconscient comme une angoisse d’effondrement.
Cette peur surgit lorsque les conditions sont propices, le sentiment d’être abandonné ou rejeté peut survenir très tôt.
Lorsqu’il est laissé seul ou qu’on ignore ses cris, la peur de l’abandon s’installe très rapidement chez le nouveau-né, car il se sait instinctivement impuissant et incapable de survivre par lui-même.
Le petit d’homme étant le seul mammifère à venir au monde précocement, avant la pleine maturité de ses fonctions, pleurer et crier est la seule solution qui lui a été donnée pour garantir sa survie.
Pour les enfants qui ont été consolés et rassurés, un socle de confiance a pu se former et ils auront des relations aux autres sécures et paisibles. Par contre, pour ceux qui sont nés dans une famille qui n’était pas en mesure de répondre à leurs besoins, ou dans une famille endoctrinée par toutes les croyances qu’ont répandu la religion et la société, l’entourage aura eu du mal à répondre à leurs demandes parfois bruyantes.
Peut-être que leurs parents ont râlé, se sont mis en colère contre eux, ont fui, se sont dissociés, ou ont préféré être absents, parce qu’ils n’ont pas pu faire confiance à leur instinct qui les aurait dirigés vers un amour, un support et une bienveillance inconditionnels pour leurs enfants.
Rappelez-vous, il y a quelques décennies, ces croyances qui disaient que les enfants étaient capricieux et méchants et qu’il fallait les corriger et en extirper le mal,
ou ces médecins qui préconisaient qu’il fallait laisser pleurer l’enfant jusqu’à l’épuisement pour éviter qu’il devienne gâté et perverti.
Quelles sont les stratégies des personnes qui ont une peur panique de l’abandon ?
Une personne qui a une peur panique de l’abandon peut préférer abandonner plutôt que d’être abandonnée, ce qui est source de regrets et de solitude.
Une autre stratégie est de s’isoler pour ne pas être rejeté, ou de se cacher dans des comportements neutres qui finiront par instiller le sentiment d’être invisible.
Il peut y avoir un évitement des relations qui consiste à ne s’attacher à personne, évitant ainsi d’être rejeté ou abandonné, ou un attachement à des personnes avec des comportements malsains, car la maltraitance sera préférable à l’abandon.
Ou encore d’imiter les comportements des membres d’un groupe, ce qui est comme un masque auquel les autres ne peuvent pas s’attacher, ce qui renforce le sentiment de solitude.
Comment ?
À l’instar de toutes les peurs, celle-ci est difficile à raisonner, mais prendre conscience de ce qu’elle implique peut inciter les personnes qui ont une forte angoisse d’abandon à entreprendre une thérapie.
Il est important de prendre conscience de ce qui suit :
- Jamais ce qui vient de l’extérieur ne va pouvoir combler le manque qui s’est créé à l’intérieur de soi. Il n’y aura jamais de lien assez fort pour combler ce besoin.
- Personne, à part soi, ne sera en mesure de réparer ses blessures, compter sur les autres ne fera que renforcer l’angoisse et nourrir l’amertume envers autrui.
- L’angoisse de perdre les autres est pour soi une épreuve constante qui rend la vie difficile, puisque elle génère de l’anxiété, de la dépression, de l’irritabilité et de l’agressivité.
- L’hypervigilance émotionnelle crée un état d’anxiété permanent qui épuise tant les personnes elles-mêmes que leur entourage. Très rapidement, les comportements qui naissent de la peur de l’abandon se révèlent invivables pour l’entourage qui ne sait plus quoi faire pour rassurer la personne et apaiser ses angoisses.
- Le fait de devoir répondre à ces angoisses peut être ressenti par autrui comme des tentatives de contrôle, ce qui est suffisant pour faire fuir n’importe qui très loin.
- Devoir vivre avec une pensée très douloureuse : si nous avons pu être, ou vivre comme abandonné, c’est sans doute parce que nous ne méritions pas autre chose.
- La jalousie et parfois la paranoïa que ce syndrome génère finiront par éloigner les autres, et ces comportements finiront par provoquer précisément ce que l’on redoute le plus.
Plus concrètement, pour éloigner la peur de l’abandon, il est recommandé d’écrire, de la décrire, de lui parler, de s’imaginer qu’il y a deux parties en soi qui discutent de ces peurs : la partie qui génère cette peur et une seconde partie qui conteste la stratégie de la première.
Parler de ses peurs à son entourage qui comprendra que le désir n’est pas de les contrôler, mais de soulager une angoisse liée à l’attachement.
Et puis, il y a la programmation neurolinguistique qui est idéale pour renforcer l’estime de soi, les capacités de communication et la conscience de soi, et qui agit principalement sur les croyances qui sous-tendent les pensées et les comportements.
Par Monique Ubaldi, praticienne en PNL et en hypnose