
La naturopathie, une pratique ancestrale qui demeure mystérieuse.
Sa réputation est lourde de souvenirs de praticiens peu scrupuleux qui se sont rendus coupables d’exercice illégal de la médecine, qui ont demandé à leurs clients l’arrêt des traitements médicaux, ou qui ont conseillé des stages de jeûne intensif mal encadrés qui sont à l’origine de décès.
Selon la FENA, elle est pourtant reconnue comme « médecine non conventionnelle » par la Résolution européenne du 29 mai 1997 en faveur de l’intégration des « médecines non conventionnelles » et comme « médecine traditionnelle » par l’O.M.S, aux côtés des médecines chinoise et ayurvédique.
À la fois éducative et préventive, la naturopathie constitue une synthèse des méthodes naturelles de santé. Elle s’appuie sur les lois de la vie afin d’équilibrer le fonctionnement de l’organisme, d’optimiser la vitalité et de retrouver, de maintenir ou de renforcer la bonne santé.
Si nous regardions cela d’un peu plus près.
Qui sont les naturopathes et quel est leur rôle ?
Le praticien en naturopathie est un éducateur ; il n’établit pas de diagnostic, il n’en a ni les compétences, ni le droit, ni les moyens techniques. Si les symptômes décrits paraissent préoccupants, son réflexe sera de vous suggérer de consulter rapidement un médecin.
Lors du premier entretien, le naturopathe va se pencher sur vos troubles et en chercher la cause, qu’elle soit physiologique ou émotionnelle.
Il vous donnera ensuite des conseils pour améliorer votre alimentation, pour réduire les troubles digestifs et fonctionnels, pour combler les carences, pour retrouver de la vitalité.
Il ne prescrit pas non plus de remèdes anti-symptomatiques, même naturels.
Son rôle est également de vous faire prendre conscience des bienfaits d’un retour à une hygiène de vie en accord avec la nature, de vous emmener vers une alimentation naturelle en vous faisant prendre conscience de la dangerosité des additifs, des pesticides et des substances cancérigènes qui se cachent dans les produits que nous consommons.
Il est de ce fait le porte-parole du retour vers des habitudes de vie qui favorisent une agriculture respectueuse de l’environnement.
Spécialisé dans l’usage des plantes médicinales, il pourra vous conseiller, en toute sécurité, des plantes sous la forme galénique qui vous convient le mieux en tenant compte de votre état de santé et des médicaments qui vous sont prescrits.
Il vous encouragera par ailleurs à recourir à des pratiques telles que la relaxation, la respiration, les promenades dans la nature.
Il peut vous donner des conseils en phytothérapie, en aromathérapie et vous diriger vers des pratiques telles que les massages, l’acuponcture, la réflexologie, le yoga, la visualisation positive, l’auriculothérapie, l’ostéopathie et la sophrologie.
Quand est née la naturopathie ?
Le concept de naturopathie apparaît à la fin du XIXe siècle aux États-Unis, avant de s’étendre à d’autres pays du monde occidental au cours du XXe siècle.
Mais bien plus tôt, on peut citer les herboristes, guérisseuses et sages-femmes, passionnées par les plantes, qui avaient de solides connaissances en botanique et savaient aussi bien cueillir, conserver et doser les plantes médicinales.
Au Moyen Âge, ces femmes utilisaient les plantes pour aider la population à guérir les fièvres et à soigner les maux du quotidien. Elles aidaient les femmes à accoucher et à se remettre de leurs couches. Parfois, lorsque l’accouchement avait été difficile, elles s’installaient dans le foyer jusqu’à ce que la parturiente retrouve la santé et assez de vitalité pour pouvoir continuer à s’occuper de son foyer.
Ces femmes qui seront, dès 1326, poursuivies et brûlées par sorcellerie par le décret du Pape Jean XXII (Jacques Duèze) sur les quatre cents ans à venir. Cette sentence fut le résultat de controverses apparues à partir de l’an 1200 (Moyen Âge), au moment où la médecine commençait à s’enseigner dans les universités.
Cet enseignement était réservé aux hommes et il avait alors été décrété alors qu’il était interdit de soigner avec des plantes hors de cet enseignement universitaire.
Si le Moyen Âge avait été assez clément pour ces femmes vouées au bien-être du peuple qui n’avait pas accès à la médecine, le début de la renaissance marquât le début de la persécution des « sorcières ». Les XVIe et XVIIe siècles ont connu les vagues de persécutions les plus intenses.
Pourquoi la naturopathie est-elle l’objet de controverse ?
Dans certains pays ou états, la pratique de la naturopathie est reconnue avec un diplôme d’État (Suisse, Allemagne, certaines provinces du Canada, Australie, certains États américains). Ces pays imposent des statuts, des examens, l’obtention de titres officiels.
En France, Italie, Espagne et Pays-Bas, la pratique de la naturopathie est tolérée, mais n’est pas reconnue officiellement. Les naturopathes sont considérés comme des conseillers en santé.
Récemment, plusieurs naturopathes ont défrayé la chronique pour leurs pratiques, notamment Thierry Casasnovas, concerné par une information judiciaire pour « exercice illégal de la médecine », l’influente formatrice nonagénaire Irène Grosjean, qui promeut les attouchements sexuels sur les mineurs et l’arrêt des traitements médicaux anti-cancer. Plus récemment, Eric Gandon, a été mis en examen pour « homicide involontaire », « mise en danger de la vie d’autrui », « abus de faiblesse » et « exercice illégal des professions de médecin et de pharmacien » après la mort de trois participants à ses stages de jeûne intensif.
Il est par ailleurs reproché à la naturopathie de prétendre concurrencer la médecine dite conventionnelle sans en avoir pourtant les compétences. Pour le Syndicat des professionnels de la naturopathie, celle-ci est pourtant « une pratique de bien-être et de prévention » qui peut être complémentaire, mais ne doit jamais se substituer à la médecine allopathique.
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C’est à ma mère que je dois d’avoir grandi dans un environnement où une alimentation non raffinée et le recours à des moyens de santé naturels étaient privilégiés.
Spontanément amenée à recourir à des moyens naturels pour soigner les bobos du quotidien, j’ai commencé à étudier la naturopathie en 2015, puis la sophrologie, et ensuite d’autres pratiques telles que l’hypnose et la programmation neurolinguistique.
J’ai également suivi une formation spécifique aux plantes médicinales.
Je travaille en cabinet à Toulouse, dans le quartier de Saint-Cyprien.