
Peut-on utiliser des produits plus surs ?
Est-ce que les produits de beauté et d’hygiène ont de tout temps été nocifs ?
Qu’est-il important de prendre en compte lorsqu’on achète des produits cosmétiques ?
Saviez-vous qu’il est souvent beaucoup moins onéreux de réaliser soi-même des produits simples, ou d’acquérir des produits simples qui sont dépourvus d’additifs ?
Je vous propose d’apporter des réponses qui vous aideront à prendre conscience des dangers liés à l’application de produits d’hygiène corporelle et à faire des meilleurs choix.
Comment savoir si les cosmétiques que vous utilisez sont sûrs pour votre santé ?
Certaines familles de cosmétiques peuvent représenter un danger pour notre santé et pour notre écosystème. En voici quelques familles :
- Les colorants synthétiques (Tartrazine, Jaune de quinoléine, Jaune orangé Sc…). Ils sont nombreux. La liste exhaustive se trouve sur ce lien.
Les conservateurs synthétiques (phénoxyéthanol, parabènes, triclosan ou isothiazolinones (MIT, MCIT) - les filtres UV synthétiques (oxyde de zinc, dioxyde de titane)
- les silicones pour leur action hydrophobe. (Cyclomethicone, cyclopentasiloxane, trisiloxane, dimethicone, dimethicone copolyo, aminodimethicone, dimethiconol, dimethicone crosspolymer, vinyl dimethicone, trimethysiloxysilicate, polypropylsilsesquioxane, polymethylsilsesquioxane)
- les huiles minérales (Paraffinum Liquidum, Mineral Oil, Petrolatum,Cera Microcristallina, Vaseline)
- les sulfates pour leur action moussante (Sodium Lauryl Sulfate (SLS) Sodium Laureth Sulfate (SLES), Ammonium Lauryl Sulfate (ALS)
- Les ammoniums pour leur action tensioactive, antistatique, désinfectante, conservatrice, inhibitrice de corrosion (Cocamidopropyl betaine, disteardimonium hectorite, cetrimonium chloride, polyquaternium-10, poliquaternium-7, behentrimonium chloride, stearalkonium hectorite, poliquaternium-37, behentrimoniummethosulfat, poliquaternium-6, cetrimonium bromide, cetylpyridinium chloride, etc…)
- les sels d’aluminium pour leur action déodorante et astringente (Aluminium chlorohydrate, Aluminium zirconium pentachlorohydate, Aluminium chloryde, Aluminium chlorydrex ou Aluminium sesquichlorydrate)
- les PEG pour leur action émulsionnante ou solvante. Il est difficile de les lister tant les
PEG sont nombreux avec autant de propriétés différentes. Ils sont le plus souvent émulsifiants ou solvants (Polyéthylène Glycol, PEG-1 Lauryl Glycol, PEG-10 Castor Oil).
Ces catégories d’additifs peuvent être cancérigènes, perturbateurs endocriniens ou simplement irritants et allergisants.
Pourquoi des cosmétiques controversés se trouvent sur le marché ?
La plupart de ces additifs sont autorisés par la législation cosmétique européenne, certains le sont parfois à un dosage limité, ce qui rend difficile une évaluation du seuil qui rendrait un additif dangereux. Le fait d’appliquer régulièrement sur sa peau un produit cosmétique ou différents produits cosmétiques qui contiennent ce même additif peut multiplier ce dosage.
Il y a également d’autres facteurs à prendre en compte ; une femme enceinte ou allaitante, un bébé, un enfant ou un adolescent peuvent être affectés plus fortement par l’exposition à ces additifs. Les perturbateurs endocriniens sont à bannir pour ces populations.
Peut-on utiliser d’autres produits d’hygiène plus surs ?
Les produits bio contiennent aussi des produits toxiques, mais dans une moindre mesure.
Le fait que ces produits soient d’origine naturelle n’exclut pas le risque d’allergies. Il est néanmoins préférable de se tourner vers cette filière, car les produits biologiques contiennent 5 % (voire moins) d’ingrédients d’origine non naturelle. Les parfums, colorants de synthèse, silicones et glycols sont interdits.
Des produits très simples sont parfois très efficaces :
Le bicarbonate de soude alimentaire (pas technique) est le déodorant le plus efficace qui soit, il suffit de déposer un léger voile avec le bout du doigt sous les aisselles après la douche ou la toilette. Si le bicarbonate est trop alcalin pour la peau, on peut en mélanger une quantité infime avec une base grasse.
L’effet désodorisant est largement supérieur à celui obtenu par n’importe quel produit disponible sur le marché.
De nombreuses huiles naturelles peuvent être utilisées pour assouplir et nourrir la peau :
- L’huile d’argan
- L’huile de jojoba
- L’huile de calendula
- L’huile de rose musquée
- L’huile de bourrache
- Etc.
- Les personnes qui vous accueillent dans les magasins bio seront ravies de vous conseiller sur l’un ou l’autre de ces produits, selon le type et la sensibilité de votre peau.
Est-ce que les produits de beauté et d’hygiène ont de tout temps été nocifs ?
Je vous propose de parcourir l’histoire des cosmétiques en Europe.
La reine Élisabeth 1ʳᵉ (née en 1533) couvrait son visage de céruse, une poudre à base de plomb.
La céruse vénitienne était le moyen de blanchir la peau le plus couru, le plus onéreux et le plus toxique disponible au XVIe siècle » –un cosmétique si cher que ses principales utilisatrices étaient les membres de l’aristocratie et de la famille royale.
L’usage du plomb pour élaborer des produits de beauté est bien antérieur à cette époque, puisque les archéologues en ont retrouvé des traces dans les tombes de femmes aristocrates à des époques aussi lointaines que celle de la Grèce antique.
À la Renaissance, l’usage des cosmétiques à base de produits considérés aujourd’hui très toxiques était largement répandu alors que leur toxicité était déjà suspectée.
Selon les recherches de Richard Corson qui retrace la quête de la beauté depuis l’Égypte ancienne jusqu’à nos jours, les femmes qui pouvaient se le permettre superposaient parfois les couches de céruse pour combler les rides. Le cou et le décolleté avaient droit, eux aussi, à une bonne couche d’enduit.
Il existait d’autres préparations blanchissantes, comme le borax et le soufre en poudre, le mercure, le plomb, l’étain, l’arsenic, le borax, l’alun.
Parmi les pigments anciens existant à l’état naturel, l’orpiment a tenu une place importante ; il s’agit de sulfure d’arsenic dont le succès s’explique par sa couleur jaune vif imitant l’or. Il fut employé jusqu’au XVIIIᵉ siècle.
Un autre pigment naturel ancien très prisé et très toxique est le vermillon, provenant d’un minerai appelé cinabre. Ce sulfure de mercure (HgS), d’un rouge éclatant, apparut en Égypte à la Basse Époque (700 av. J.-C.)
Que faut-il retenir de l’utilisation de cosmétiques ?
De par leur composition, les produits cosmétiques peuvent nous exposer quotidiennement à des substances chimiques potentiellement dangereuses pour notre santé.
Ils ne sont pas l’apanage de notre époque ; naitre avant la révolution industrielle ne mettait pas à l’abri d’additifs douteux et de substances nocives.
C’est à vous de vous protéger. Il est important de limiter l’exposition pour ne pas dépasser le dosage recommandé, et de vous tourner vers des produits plus sûrs.
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Pourquoi je vous parle de cosmétiques ?
Je suis naturopathe depuis 2018 et j’ai suivi une formation en herboristerie – phytothérapie que j’ai terminée en 2023.
J’ai été sensibilisée depuis l’enfance aux dangers des produits transformés.
Avec le temps et l’exemple maternel, j’ai recouru de plus en plus à l’utilisation de produits faits maison pour nettoyer, soigner les bobos du quotidien et créer des cosmétiques sans additifs.
Mon rôle est de vous informer sur les dangers sur la santé d’un contact régulier avec les additifs controversés contenus dans les produits utilisés pour le ménage ou l’hygiène corporelle.
Mon cabinet se situe à Toulouse, dans le quartier Saint-Cyprien.