Pourquoi les thérapies alternatives suscitent de la méfiance ?

Pourquoi les thérapies alternatives suscitent de la méfiance ?

La place des thérapies non-conventionnelles en France pose un grand nombre de questions.

Il est vrai que les thérapies alternatives et les professions du bien-être ne sont pas règlementées, puisque la loi française privilégie une médecine fondée sur des preuves scientifiques, et que seules les professions règlementées (médecins, pharmaciens, sagefemmes…) sont considérées comme ayant une finalité thérapeutique.

Mais qu’en est-il de la législation ?

Comment les médecines douces sont-elles règlementées en Europe ?

Qu’est-ce qui détourne les Français du recours à des thérapies alternatives ?

Y a-t-il des sondages ou des études qui donnent des chiffres sur cette préférence des Français pour la médecine conventionnelle ou les thérapies douces ?

Quelles sont les thérapies non réglementées ?

La sophrologie, la naturopathie, l’hypnose, la réflexologie, le yoga, la kinésiologie, et bien d’autres pratiques sont des professions libérales dites « non règlementées ». C’est-à-dire qu’elles ne sont soumises à aucun ordre professionnel.

Pourtant, 20 % des Français préfèrent se tourner vers ces pratiques alternatives à la médecine conventionnelle.

Le sondage de l’UNADFI

L’Unadfi a souhaité mieux comprendre le recours aux pratiques de soins non conventionnelles (PSNC). Réalisé en partenariat avec l’institut Odoxa, un sondage en ligne s’est déroulé au mois d’avril 2023, portant sur un échantillon de 1005 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (Sondage Odoxa-Unadfi Bulles n°158 – Juin 2023).

En premier lieu, le sondage montre le développement croissant des thérapies alternatives qui jouissent d’une image positive auprès des Français. En effet 70 % des Français en ont une bonne image.

Bonne image et efficacité sont soutenues par un développement dynamique et accéléré durant les dernières années. C’est notamment le cas de la méditation (74 % de personnes l’ayant pratiquée l’ont fait au cours des 5 dernières années) mais aussi des Fleurs de Bach (61 %), du jeûne (59 %), de la sophrologie (59 %), de la kinésiologie (58 %) et de l’hypnose (56 %).

Le sondage montre que plus de la moitié des Français s’estime aujourd’hui plus qu’il y a 5 ans disposée à y avoir recours. 70 % des Français estiment que leurs compatriotes sont aujourd’hui plus disposés qu’avant à y avoir recours.

Si ces thérapies prospèrent, c’est aussi semble-t-il parce qu’elles compensent les problèmes du système de santé, notamment la difficulté d’obtenir des rendez-vous médicaux, les déserts médicaux, les consultations trop expéditives, les pathologies mal soignées (52 %) et la saturation des services hospitaliers (51 %).

Un autre chiffre du sondage indique que 16 % des Français ont déjà renoncé à un traitement médical au profit d’une thérapie alternative et ce comportement est encore plus répandu chez les jeunes (24 % chez les 25-34 ans). Les défaillances du système de santé paraissent être la véritable source du recours aux thérapies alternatives.

Qu’en est-il de la législation sur les thérapies non-conventionnelles ?

Le succès croissant des thérapies non-conventionnelles reflète une demande forte de la société pour des approches alternatives, mais il s’accompagne aussi de certaines dérives, en l’absence de structuration claire.

Hypnose : Recommandée à l’hôpital pour gérer la douleur ou l’anxiété, sans décret unique ; la reconnaissance se fait par le biais de diplômes universitaires.

À ce jour, aucune formation en hypnose non médicale ne bénéficie de certification reconnue par l’État. Il n’existe pas de titre inscrit au RNCP ni de diplôme universitaire validant le métier d’hypnothérapeute.

Aujourd’hui n’importe qui peut, du jour au lendemain, se déclarer hypnothérapeute et s’installer en tant que tel. Cela sans aucune garantie de formation ni aucun contrôle.

Sophrologie : Il s’agit de relaxation combinant respiration et visualisation. Aucun texte national n’enferme la pratique, mais plusieurs syndicats fixent des chartes.

Depuis janvier 2025, le titre RNCP « Sophrologue » a disparu du Répertoire national des certifications professionnelles. Le titre RNCP n’était par ailleurs qu’une distinction, mais pas une obligation.

Le métier de sophrologue n’est pas règlementé, c’est-à-dire que la loi n’impose pas de diplôme ou de formation pour l’exercer.

Réflexologie : Pression manuelle sur les pieds ou les mains. Elle est tolérée, à condition de ne jamais revendiquer le traitement d’une maladie grave.

Comme d’autres pratiques de santé naturelle, la réflexologie est une activité non reconnue par les autorités sanitaires françaises. Elle ne fait l’objet d’aucune règlementation spécifique, ni encadrement juridique dédié.

Aucune autorité publique ne reconnait officiellement la qualité de réflexologue ni ne délivre de titre professionnel homologué.

Naturopathie : conseils d’hygiène de vie, d’alimentation et d’usage de plantes. Le titre n’est pas protégé ; l’exercice se limite donc à l’accompagnement du bien-être.

La pratique de la naturopathie n’est pas officiellement reconnue par l’État, mais n’est pas pour autant interdite sur le territoire français.

Le Syndicat des professionnels de la naturopathie appelle l’État à règlementer la profession pour de faire le tri dans ses rangs entre vrais praticiens et charlatans.

Aromathérapie : Usage des huiles essentielles. Pour les professionnels souhaitant acquérir des connaissances solides, les Diplômes Universitaires (DU) en aromathérapie constituent une formation de référence. Proposés par plusieurs universités et facultés de santé, ces diplômes permettent aux pharmaciens, médecins, infirmiers, vétérinaires, préparateurs en pharmacie et sages-femmes d’approfondir la thérapeutique par les plantes et de conseiller ou prescrire les huiles essentielles en toute sécurité.

À l’exception de ce parcours, aucune formation en aromathérapie n’est reconnue par l’État au sens strict du terme.

Cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’existe pas de formations sérieuses et qualitatives. De nombreux organismes privés proposent des formations complètes et encadrées.

Comment ces pratiques sont-elles règlementées en Europe ?

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) reconnait la naturopathie comme l’une des trois grandes médecines traditionnelles mondiales, aux côtés de l’Ayurvéda et de la Médecine Traditionnelle Chinoise. Elle est reconnue de façon différente suivant les normes en vigueur pour chaque pays.

Selon l’AFNAT (Alliance pour la formation professionnelle en naturopathie), sur le continent européen, une trentaine de pays pratiquent la naturopathie. Seuls trois d’entre eux l’encadrent de manière précise.

  • L’ Allemagne dispose depuis 1939 d’un diplôme fédéral de Heilpraktiker (praticien de santé naturelle).
  • En Suisse, le secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (Sefri) reconnait depuis 2016 l’examen fédéral sanctionné par un diplôme de Naturheilpraktiker.
  • Au Portugal, la naturopathie est soumise au statut de médecine non conventionnelle, aux côtés de l’acuponcture, la chiropraxie, l’ostéopathie, la phytothérapie, la Médecine Traditionnelle Chinoise et l’homéopathie. Son exercice est encadré par deux lois éditées en 2003 puis 2013.
  • Au Luxembourg et en Autriche, l’exercice de la naturopathie est réservé aux médecins.

Dans tous les autres pays d’Europe, la naturopathie est légale sans être encadrée de manière spécifique.

Quelle est la réglementation de l’hypnose en Europe ?

Quant à la pratique de l’hypnose, elle est soumise à des règlementations variées qui diffèrent considérablement d’un pays à l’autre.

En voici quelques-unes :

  • Aux États-Unis, chaque État a ses propres règles, certains reconnaissant l’hypnothérapie comme un soin de santé complémentaire tandis que d’autres l’encadrent strictement.
  • Au Canada, l’hypnose est légale, mais sa pratique est souvent liée à des professionnels de la santé ou à des thérapeutes enregistrés.

La loi française reste ancrée dans ses positions : elle privilégie une médecine fondée sur des preuves scientifiques et reste encore prudente vis-à-vis des approches non issues du cadre universitaire.

Toutefois, les choses évoluent, les institutions commencent à mieux comprendre ces pratiques, et les mutuelles prennent de plus en plus conscience de leurs bienfaits.

Qui suis-je ?

Je pratique mon métier à la croisée de plusieurs thérapies alternatives.

Je vous accueille dans mon cabinet à Toulouse.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *